Retour sur l’évènement autour des réseaux sociaux à la Fonderie !

Vous étiez plus de 200 à la Fonderie à Hérouville-Saint-Clair pour échanger ensemble sur un sujet essentiel : la protection des mineurs sur les réseaux sociaux.

Votre mobilisation et vos questions montrent à quel point le sujet est central pour les familles, les éducateurs et l’ensemble de notre société.

J’ai été très heureux de vous convier à cette soirée et d’accueillir des intervenants qui ont apporté des éclairages précieux et en particulier Véronique Béchu, directrice de l’Observatoire des violences numériques faites aux mineurs de l’association e-Enfance, commandante de police et ancienne cheffe de l’Office mineurs. Nous avons notamment rappelé le rôle du 3018.

Merci à Nicolas H., victime de l’influence toxique des réseaux sociaux, dont le témoignage sur l’addiction aux paris sportifs a été particulièrement fort.

Maud Rothmann, présidente de la FCPE du Calvados, a rappelé les attentes légitimes des parents et de la communauté éducative mais aussi évoque des ressources disponibles sur le site de la FCPE pour éduquer à la parentalité numérique.

Depuis mon élection, je me bats pour rendre nos réseaux sociaux plus sûrs : loi influenceurs, commission d’enquête TikTok, mission sur les enjeux émergents du numérique… Et ce type de rencontre publique est indispensable pour continuer ce combat avec vous.

Ce rendez-vous est une réussite. Merci pour votre présence, votre écoute et vos engagements. On continue

Arthur Delaporte ouvre la réunion en saluant les intervenants : Véronique Béchu (e-Enfance/Observatoire des violences numériques), la présidente de la FCPE, et Nicolas, venu témoigner de son parcours d’addiction aux paris sportifs. Il rappelle les travaux législatifs récents : loi de 2023 sur les influenceurs, commission d’enquête sur TikTok, mission parlementaire sur la régulation numérique.

1. Constats sur l’usage des écrans – FCPE

Maud souligne une hyperconnexion massive des jeunes (Instagram, Snapchat, WhatsApp, Discord), souvent sans repères parentaux. Les réseaux servent à la fois d’entraide scolaire et de vecteur de harcèlement. Elle pointe aussi le manque de limites dans certaines familles et l’importance de sensibiliser les parents.

2. Addictions et influence – Témoignage de Nicolas

Nicolas raconte sa trajectoire : premiers paris à 15 ans, influence de la publicité et des influenceurs, un million d’euros misés, 200 000 euros de dettes, une tentative de suicide. Il insiste sur le rôle des contenus exhibant des gains “faciles” et appelle à limiter drastiquement la publicité des paris sportifs.

3. Dangers en ligne et rôle du 3018 – e-Enfance

Véronique Béchu rappelle des chiffres alarmants : âge moyen du premier réseau social à 8,5 ans, 67 % des 6-10 ans déjà inscrits, 6 heures quotidiennes en ligne au collège. Les algorithmes exposent les enfants à des contenus violents, sexuels ou anxiogènes. Elle détaille les risques : hyperconnexion, harcèlement, sextorsion, pédocriminalité. Le 3018 permet d’accompagner parents et enfants, notamment pour faire retirer des contenus en quelques minutes via les signaleurs de confiance.

4. Enseignements de la commission d’enquête sur TikTok

Arthur Delaporte résume les constats : défilement infini, algorithme très intrusif, contenus anxiogènes qui aggravent les vulnérabilités. Les adolescents de 14-15 ans passent près de 1 h 45 par jour sur TikTok. Les effets majeurs : perte de sommeil, enfermement mental, exposition à des contenus sombres ou dangereux. La régulation européenne des plateformes progresse, mais doit être renforcée.

5. Deuxième tour de table : accompagnement et régulation

  • Parents (Maud) : accompagner sans diaboliser, s’informer, paramétrer les contenus, dialoguer avec ses enfants, utiliser les outils FCPE et CMEA pour une éducation critique.
  • Nicolas : prévention et contrôle parental, réduction de la publicité sur les paris sportifs, interdiction du sponsoring.
  • Véronique : la protection doit primer. Explosion des cas de sextorsion (+460 % en deux ans). Importance de la parentalité numérique, du dépôt de plainte, et du retrait rapide des contenus préjudiciables.

6. Perspectives politiques –

Arthur Delaporte pointe :

  • la nécessité de réguler la publicité des paris sportifs (vers une “loi Évin II” ?),
  • la vérification d’âge pour l’accès aux plateformes,
  • l’application du Digital Services Act (transparence des algorithmes, retrait rapide des contenus illégaux),
  • un débat ouvert sur l’âge minimum d’accès aux réseaux,
  • le besoin urgent de renforcer les moyens de contrôle : aujourd’hui 12 agents pour l’influence, 23 à l’Arcom pour la supervision des plateformes.

7. Conclusion de Véronique Béchu et clôture

Véronique Béchu rappelle la surcharge des services spécialisés (450 enquêtes ouvertes par jour à l’Office des mineurs) et l’importance de la prévention.
Arthur Delaporte conclut en réaffirmant l’urgence : plus de moyens, une régulation crédible, une coordination européenne, et une norme commune pour encadrer l’IA.

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