Réforme de l’assurance chômage : résumons mon combat depuis le 27 septembre dernier

Le 27 septembre dernier, l’Assemblée nationale a démarré l’examen de la réforme de l’assurance chômage.

Dès les débuts, avec les Députés Socialistes et apparentés, je me suis opposé à ce texte qui va contribuer à la précarité des demandeurs d’emploi.

Ce projet est budgétairement inutile, économiquement absurde, et socialement injuste.

“Martine Aubry est claire. Les réformes doivent apporter le progrès, pas la régression.” Cette juste maxime, c’est Olivier Dussopt qui la prononçait il y a onze ans, lorsqu’il était porte-parole de Martine Aubry.
Des années plus tard, le Gouvernement ne promet plus le progrès mais une triple régression : celle des droits et de la condition des chômeurs, celle du dialogue social, du débat parlementaire.

Depuis 2019, le Gouvernement s’obstine à vouloir affaiblir les droits des demandeurs d’emploi. Alors que seulement 36% des chômeurs sont indemnisés, un chiffre en baisse constante, cette réforme donne un « chèque en blanc » au ministre du travail pour continuer de faire des économies sur le dos des plus fragiles. En complexifiant le régime des allocations chômage, le Gouvernement a volontairement alourdi le travail des agents de Pôle emploi et a mécaniquement fait baisser le recours à cette aide pourtant due.

Le 5 octobre dernier, je prenais alors la parole à la tribune en prenant pour exemple un rapport sur la question du non-recours à l’assurance chômage, qui touche jusqu’à 690 000 personnes chaque année, et plus particulièrement les jeunes et les séniors.
J’ai interpellé le ministre Olivier Dussopt sur son territoire, à Annonay comme partout en France, on subit les conséquences de la réforme de l’assurance chômage et les baisses d’indemnisation. Son absence de réponses depuis le début du débat ne peut suffire.

Cette réforme, c’est toujours moins pour ceux qui ont moins, afin de faire des économies sur le dos des assurés, sur le dos de ceux qui cotisent pour des droits à un revenu de remplacement, un salaire différé, qui ne dépendra plus de leur travail mais du caractère aléatoire de la conjoncture économique.

Ainsi, le 4 octobre, lors d’une intervention dans l’hémicycle je prenais l’exemple de Bertrand, maitre d’hôtel. Avec la réforme de l’assurance chômage du Gouvernement, il a perdu 961€ par mois.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire face à ce projet, n’oublions pas que les chômeurs ne restent pas au chômage pour leur bon plaisir ou pour profiter d’indemnités indécentes – elles sont, rappelons-le, bien inférieures au salaire qu’ils touchaient en emploi – mais que l’on reste au chômage parce qu’il existe des freins essentiels qui sont les principaux facteurs du non-retour à l’emploi.

Le 09 novembre dernier, j’ai pris part à la commission mixte paritaire sur la réforme de l’assurance chômage, réunissant 7 députés et 7 sénateurs. Je déplore qu’en seulement 1 heure 30, Les Républicains et La République En Marche ont travaillé main dans la main pour détruire les droits des chômeurs.

Avec les Députés Socialistes et apparentés membre de la Nupes, nous allons continuer à nous opposer à ce texte en défendant des amendements qui prônerons un autre modèle de l’assurance chômage. En ce sens, la Nupes a rédigé une tribune dans Libération parue le 28 septembre dernier.

Le 10 novembre, j’ai ainsi donné un entretien dans Le Vent Se Lève à ce sujet. Vous pouvez le retrouver via ce lien : https://lvsl.fr/le-gouvernement-cherche-a-faire-payer…/

Hier, le 15 novembre 2022, nous examinions pour la dernière fois le texte réformant l’assurance chômage avant sa promulgation.

Au nom des Députés Socialistes et apparentés, j’ai présenté notre position de vote contre ce texte et nous saisirons le conseil constitutionnel.

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