Depuis plus de trois ans, j’alerte sur les risques liés à l’usage des réseaux sociaux mais aussi à la fausse promesse d’une interdiction inapplicable promue par le gouvernement.
Je pense à ces parents qui avaient cru qu’une interdiction annoncée à grands renforts de communication viendrait régler une partie des problèmes du numérique. Ceux qui ont défendu cette loi inapplicable, en refusant d’écouter les alertes, ont créé l’horizon d’attente qui est aujourd’hui déçu et qui donne l’impression de l’impuissance du politique. Ce sujet, sérieux et grave, méritait mieux.
Le Conseil constitutionnel a donc censuré la loi sur l’interdiction généralisée des réseaux sociaux aux moins de 15 ans : une loi mal écrite, niant des droits des enfants mais aussi imprécise sur les modalités d’application et de contrôle de l’âge.
En se focalisant sur un dispositif potentiellement inefficace, le gouvernement a donc manqué son objectif – pourtant partagé – de protection réelle des mineurs. Pire : cela donne l’impression de l’impunité à l’égard des réseaux sociaux alors que les choses avancent petit à petit à l’échelle européenne.
La fermeté à l’égard des plateformes pour protéger les jeunes et réguler le business du sordide est cependant plus nécessaire que jamais. Nous connaissons leurs dangers et leurs algorithmes mortifères. Ce sont ces fonctionnalités négatives qui doivent être combattues. À l’échelle européenne, les projets existent : la France doit peser pour qu’ils aboutissent au plus vite.



