Enseignement supérieur : ce que j’ai défendu face au gouvernement

Le 14 octobre, nous avons examiné en commission le budget 2027 de l’enseignement supérieur et de la recherche. Universités en déficit, recherche qui décroche, étudiants sans place : ce budget ne répond à aucune des urgences du secteur. Voici les combats que j’ai portés.

Un budget qui ne satisfait personne

J’ai interpellé le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche sur un constat partagé par tous. Les universités manquent de moyens, les enseignants-chercheurs sont à bout et les étudiants s’entassent dans des amphithéâtres surpeuplés. La légère hausse des crédits annoncée masque un net décrochage par rapport à la loi de programmation de la recherche. En vingt ans, la France est passée de la 5ᵉ à la 10ᵉ place mondiale en production scientifique, et elle consacre moins de 1 % de son PIB à la recherche. Presque toutes les universités sont en déficit, avec 400 millions d’euros de dépenses non compensées en 2027.

Non à la hausse des frais pour les étudiants étrangers

Face aux amendements du Rassemblement national, j’ai dénoncé des propositions xénophobes. Leur but : prendre 1,1 milliard d’euros aux étudiants étrangers en augmentant leurs frais de scolarité. Ces étudiants paient déjà plus que les autres. Ils comptent aussi parmi les plus précaires, souvent obligés de travailler pour financer leurs études. Et ils contribuent à la richesse de notre pays, jusque dans nos hôpitaux. Je continuerai de m’opposer à ces mesures.

Créer 130 000 places dans l’enseignement supérieur

Cette année, 103 000 candidats sur 900 000 sont restés sans affectation sur Parcoursup. Derrière ce chiffre, des dizaines de milliers de lycéens abandonnent, découragés. Nous recevons des parents et des jeunes abîmés par ce système. Les formations craquent, les établissements n’en peuvent plus. J’ai donc défendu la création d’environ 130 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur, en renforçant les moyens des licences et des masters.

Recruter et financer les doctorants

Pour accueillir plus d’étudiants, il faut tout : des places, des salles, des bâtiments, des restaurants universitaires. C’est le sens de l’ensemble de nos amendements, qui forment un tout. Je préfère un plan global aux rustines. Mais dans ce budget contraint, nous avons défendu une trajectoire d’emploi qui permette de recruter dans les établissements. La recherche reste une priorité. Trop de doctorants font encore des thèses d’utilité publique sans être financés. Il faut continuer à recruter des docteurs.

Compenser les charges imposées aux universités

L’État impose aux universités des hausses de charges qu’il ne compense pas. J’ai défendu un amendement pour les rembourser. Les crédits du ministère augmentent d’environ 500 millions d’euros en 2027, mais il s’agit surtout d’immobilier. La subvention versée aux universités, elle, baisse de près de 90 millions. Les universités affichaient un excédent de 300 millions en 2018. En 2025, elles sont en déficit de 91 millions. Presque toutes ont voté un budget initial en déficit, 20 sont en fragilité avérée et 14 en procédure de retour à l’équilibre. La cause est simple : la subvention aux universités a baissé de 26 % en euros constants. Rétablissons-la.

Mêmes primes pour les enseignants du secondaire à l’université

De nombreux enseignants titulaires du secondaire, agrégés ou certifiés, enseignent à l’université. Ils restent pourtant exclus du régime indemnitaire des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche. J’ai défendu un amendement pour les y intégrer : à travail égal à l’université, mêmes primes.

Mieux payer les ATER

Les attachés temporaires d’enseignement et de recherche (ATER) sont souvent en quatrième ou cinquième année de thèse. Pourtant, ils peuvent être moins bien payés que les doctorants sous contrat doctoral : la rémunération de ces contrats a été revalorisée, pas celle des ATER. Résultat, devenir ATER peut faire perdre du revenu. J’ai défendu un amendement pour garantir aux ATER une rémunération au moins égale à celle d’un contrat doctoral. C’est une question de décence.

Un financement plus juste entre Paris et les régions

L’État signe avec les universités des contrats d’objectifs, de moyens et de performance. Mais les hausses qu’ils apportent restent dérisoires au regard de leur subvention de fonctionnement. Surtout, cette subvention est répartie de façon très inégale sur le territoire. Les universités parisiennes sont bien mieux dotées que celles des régions, et des universités qui manquent de moyens au regard de leur nombre d’étudiants ne sont pas aidées. J’ai soutenu cet amendement pour corriger cette inégalité. Il a été adopté.

Préserver les bibliothèques universitaires

Ce budget réduit les crédits alloués aux bibliothèques universitaires. J’ai défendu un amendement visant à annuler cette baisse. Les BU sont des lieux essentiels pour étudier, apprendre et s’émanciper, et elles doivent rester accessibles dans de bonnes conditions.

Encadrer l’enseignement supérieur privé lucratif

Dans l’enseignement supérieur privé lucratif, les dérives sont énormes : des pratiques mercantiles se développent, et trop peu d’études permettent de les documenter. Ce secteur reçoit pourtant beaucoup d’argent public, sans que cela apparaisse dans le budget de l’État. Des collectivités financent par exemple la construction de bâtiments pour des écoles privées. Des avantages fiscaux viennent aussi l’alimenter massivement. Par un amendement d’appel, j’ai voulu alerter sur ce problème, dans la continuité de la proposition de loi déposée par Emmanuel Grégoire.

Défendre le musée de l’histoire de l’immigration

Le Rassemblement national s’en est pris au Musée national de l’histoire de l’immigration, qualifié par l’un de ses députés de « succursale de l’extrême gauche idéologisée ». Ce musée est construit avec les meilleurs historiens de France, spécialistes de l’immigration. Leur seul objectif est de faire la lumière sur notre histoire coloniale dans toute sa complexité : ses crimes contre l’humanité comme ses apports. La France s’est aussi construite grâce à l’immigration. C’est un fait historique, pas une idéologie.

Non au bâillon de la recherche

Sous couvert de « garantir la liberté du débat et le pluralisme », un amendement voulait encadrer les orientations de la recherche publique. Ce sont exactement les mots employés par l’administration Trump pour justifier des coupes massives dans les universités américaines, où certains mots comme « genre », « race » ou « femme » sont désormais bannis de la recherche financée. Un autre amendement du RN, finalement retiré, voulait même supprimer le campus Condorcet au nom de la « neutralité ». Derrière ces grands mots, il y a une idéologie antiféministe. Au nom de la neutralité, on tue la recherche.

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