Commission des affaires européennes : mon intervention sur le futur Kids Act

Mercredi 28 octobre, la commission des affaires européennes examinait une proposition de résolution européenne. Elle vise à faire de l’Union européenne le cadre d’une interdiction effective des mécanismes addictifs des réseaux sociaux à l’égard des mineurs. J’y ai défendu une ligne claire.

Réguler les plateformes, pas contrôler l’expression des citoyens

Ces derniers jours, nous avons appris par la presse, et surtout par des fuites sur les réseaux sociaux, que le gouvernement s’était préparé à suspendre l’accès aux réseaux sociaux pendant les mobilisations sociales. Le Premier ministre ne l’a toujours pas démenti. Personne ne connaît le cadre légal de telles mesures, ni en droit français ni en droit européen.

La veille de notre réunion, le gouvernement a fait adopter au Sénat un amendement qui étend fortement les pouvoirs de retrait et de blocage des contenus en ligne. Le délai de retrait était même initialement fixé à une heure. Tout cela se fait sans intervention préalable d’un juge.

Or, ce n’est pas parce qu’un gouvernement a du mal avec la contestation populaire qu’il doit contrôler les moyens d’expression et de communication des citoyens.

Le gouvernement n’a manifestement pas retenu la leçon de cet été. Le 14 août, le Conseil constitutionnel a censuré la loi qui interdisait l’accès aux réseaux sociaux aux moins de 15 ans, parce qu’elle portait une atteinte disproportionnée à la liberté d’expression.

La responsabilité revient d’abord aux plateformes

La vraie question est simple : qui doit fixer les règles du numérique ? Les citoyens et leurs représentants, ou les géants du numérique ?

Des enquêtes et des procédures visent aujourd’hui TikTok, Meta, X et Snap, en France comme en Europe. À l’issue de la commission d’enquête sur TikTok que j’ai présidée, j’ai saisi le parquet de Paris, qui a ouvert une enquête. Ces procédures doivent maintenant aller plus vite.

Ces entreprises ont bâti leur modèle sur la captation de notre attention et l’exploitation de nos données. Elles utilisent des mécanismes qui détournent nos biais psychocognitifs. Les effets sur la santé mentale touchent tous les utilisateurs. Ils touchent d’abord les plus jeunes, dont le cerveau est encore en construction et qu’il faut mieux protéger.

Cessons de croire que nous sommes impuissants face à ces multinationales. C’est en menant le combat contre elles que nous y arriverons.

Un cadre européen pour protéger les citoyens

Ce combat doit se mener avec un cadre européen harmonisé. C’est indispensable pour être efficace face aux plateformes. C’est aussi ce cadre qui protégera nos concitoyens des tentatives autoritaires.

Voir une de mes interventions :

Et mon intervention complète :

A consulter également

  • À vos côtés sur les marchés de la circonscription

    Présent samedi matin et dimanche matin sur les marchés de Caen. Avec les socialistes, nous défendons un autre chemin, plus juste, plus social, plus démocratique et plus écologique. Nos priorités : • Soutenir les classes populaires et moyennes, en augmentant tous les revenus en dessous de 1 920 € net par mois. • Faire payer…

  • J’ai voté contre la confiance au gouvernement de François Bayrou

    Parce qu’il faut changer de méthode et de politique, je voterai contre la confiance au gouvernement de François Bayrou. Le budget présenté par ce gouvernement est inadmissible et pèse sur les populations les plus fragiles. La méthode de François Bayrou est un échec. Avec les socialistes nous avons un contre-budget, des mesures de justice fiscale.

  • Visite de Valéo à Mondeville

    Visite de Valeo à Mondeville Visite du site de Valeo à Mondeville, acteur majeur de l’innovation industrielle et de l’emploi dans l’agglomération. Merci aux équipes pour leur accueil et les échanges. La situation de Valeo à l’échelle nationale suscite des inquiétudes légitimes. L’occasion de discuter avec les représentants de la direction et les salariés sur…